6-9 ans

La boussole de papier du Père Noël

Une nuit de Noël, une drôle de boussole entraîne le Père Noël et ses lutins vers le chemin le plus joyeux.

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Au village du Père Noël, tout brillait sous la neige. Dans l’atelier, les lutins attachaient les derniers rubans. Ils vérifiaient les jouets, les livres et les petites boîtes à musique. Près de la fenêtre, la dernière case d’un grand calendrier de l’Avent était ouverte : elle montrait un sapin doré.

Le Père Noël ajusta ses lunettes rondes et posa sur la table une petite boussole en papier. Elle avait été pliée par les lutins avec une feuille rouge et blanche.

« Elle indiquera toujours le nord, expliqua-t-il. Ainsi, nous ne nous perdrons jamais. »

Les jeunes lutins, plus petits que lui et sans barbe, hochèrent la tête. Léo accrocha les sacs au traîneau. Mina vérifia les grelots. Tao plaça les cadeaux bien serrés.

Bientôt, les rennes frappèrent doucement la neige de leurs sabots. Le Père Noël monta, sa longue barbe blanche bien à l’abri dans son manteau rouge.

La boussole trembla.

« En route ! » dit-il.

Mais au lieu de montrer le nord, la petite flèche de papier pointa vers la cheminée, puis vers la lune, puis tout droit vers un nuage rose.

Le traîneau décolla malgré tout. Il monta dans le ciel étoilé, entre les flocons et les nuages.

À peine le traîneau eut-il dépassé les nuages que la boussole se mit à tourner sur elle-même.

« À droite ! » cria Léo.

« Non, à gauche ! » répondit Mina.

La flèche indiquait maintenant un petit nuage en forme de gâteau. Le traîneau passa devant. Puis elle montra une étoile, un croissant de lune et même une traînée de flocons qui dessinait un cœur.

Les rennes ralentirent. Au-dessous d’eux, tout se ressemblait : des nuages blancs, des nuages gris, des nuages argentés. Le village du Père Noël avait disparu.

« Nous sommes égarés », murmura Tao.

Personne ne se mit à pleurer. Les lutins se serrèrent les uns contre les autres et regardèrent la boussole.

Soudain, une petite chouette sortit d’un nuage. Elle avait de grands yeux brillants et une plume blanche au-dessus du bec.

« Hou hou ! Je m’appelle Plume. Pourquoi votre papier danse-t-il ainsi ? »

Le Père Noël lui montra la boussole.

« Elle devrait nous guider, mais elle choisit des directions impossibles. »

Plume pencha la tête. Elle observa la flèche, puis les sacs de cadeaux.

« Peut-être qu’elle ne cherche pas le nord », dit-elle. « Peut-être qu’elle cherche autre chose. »

Plume demanda aux lutins de sortir quelques cadeaux des sacs. Mina prit une boîte à musique. Léo choisit un cerf-volant rouge. Tao trouva un petit ours en tissu.

À l’instant où la boîte à musique joua ses trois notes, la boussole pointa vers une maison cachée derrière les nuages.

« Essayons », dit le Père Noël.

Le traîneau glissa dans cette direction. Là-dessous, une petite fille avait laissé sa fenêtre entrouverte. Elle ne dormait pas encore. Elle chantait doucement pour son petit frère qui toussait.

La flèche de papier brilla, puis se tourna vers une autre maison.

Dans cette maison, un garçon avait préparé une assiette de biscuits pour le voisin âgé qui vivait seul. Plus loin, une famille suspendait une guirlande à la fenêtre. Ailleurs, deux sœurs partageaient leur couverture avec leur chien tremblant de froid.

Chaque fois qu’une maison offrait un geste tendre, la boussole la montrait.

Les lutins ouvrirent de grands yeux.

« Elle ne cherche pas le nord », souffla Mina. « Elle cherche les endroits où la joie circule. »

Le Père Noël sourit derrière sa barbe.

« Alors suivons-la. Les cadeaux trouveront leur chemin. »

Plume vola devant le traîneau. Elle repérait les fenêtres éclairées, les chansons et les petits gestes de bonté. Les lutins déposaient les cadeaux sans bruit. Leurs joues devenaient roses, même dans le froid.

Toute la nuit, la boussole choisit les chemins les plus joyeux. Elle les mena chez une famille qui avait invité une voisine à dîner, puis chez des enfants qui avaient fabriqué des cartes pour leurs grands-parents. Elle indiqua même une petite maison où personne n’avait préparé de sapin, mais où l’on riait autour d’une soupe chaude.

Quand le dernier cadeau fut posé, le ciel commença à pâlir. La boussole ralentit enfin. Sa flèche pointa droit vers le village enneigé.

« Elle connaît le chemin du retour », dit Tao.

Plume se posa sur le bord du traîneau.

« Je peux venir avec vous ? »

« Bien sûr », répondit le Père Noël. « Il reste une place près des grelots. »

Au village, les lutins rangèrent les rubans. Les rennes reçurent des pommes croquantes. Plume s’installa dans une petite boîte garnie de laine, juste à côté du calendrier de l’Avent.

Le Père Noël posa la boussole sur l’étagère. Il ajouta une étiquette : « À suivre quand on veut trouver la joie. »

Puis il regarda par la fenêtre. La neige tombait doucement, comme une poignée de plumes blanches.

Dans le village silencieux, un grelot tinta.

Et la petite boussole, immobile cette fois, semblait sourire.

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