6-9 ans

Le cadeau qui faisait des pas de côté

Au moment de charger le traîneau, le Père Noël découvre qu’un petit paquet avance tout seul en zigzaguant dans l’atelier.

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Dans l’atelier du Père Noël, tout était prêt pour la grande tournée. Les lutins chargeaient les cadeaux dans le traîneau. Les rennes secouaient leurs grelots. Dehors, la neige brillait sous la lune.

Le Père Noël ajusta ses lunettes rondes et vérifia sa longue liste. Puis il entendit un drôle de bruit.

Flic, flac. Flic, flac.

Un petit paquet rouge avançait entre les caisses. Il faisait un pas à droite, un pas à gauche, puis repartait en zigzaguant.

« Hé, attends-moi ! » appela le Père Noël.

Le paquet ne répondit pas. Il contourna un sac de jouets, passa sous une table et se glissa derrière le grand calendrier de l’Avent.

Les lutins accoururent. Ils étaient jeunes, joyeux et bien plus petits que le Père Noël. Aucun ne portait de barbe. L’un d’eux, avec un bonnet vert, souleva le calendrier.

Le paquet fit trois pas de côté et s’arrêta devant une petite porte encore fermée.

« C’est la case de ce soir », murmura un lutin.

Sur la porte, on lisait : 24 décembre.

Praline la souris sortit d’un panier de laine. Elle renifla le paquet, puis posa une patte sur le sol.

« Il laisse une odeur de cannelle », dit-elle.

Le paquet repartit aussitôt vers la grande porte de l’atelier.

« Il veut sortir », dit le Père Noël.

Un lutin ouvrit la grande porte. Un tourbillon de neige entra dans l’atelier. Le paquet glissa dehors et descendit la rampe, toujours avec ses étranges pas de côté.

Les lutins prirent des lanternes électriques. Praline grimpa dans la poche du Père Noël. Puis tous suivirent les traces dans la neige.

Le chemin passait entre les sapins. À chaque croisement, le paquet hésitait, tournait à droite, revenait à gauche, puis reprenait sa route.

« Il ne va jamais tout droit », remarqua le lutin au bonnet vert.

« Peut-être qu’il cherche quelqu’un », répondit le Père Noël.

Praline pointa son museau vers une colline.

« Là-bas ! Je sens encore la cannelle. »

Ils avancèrent jusqu’à un petit village. Toutes les maisons dormaient, sauf une, dont la fenêtre éclairait la neige.

Devant la porte, il y avait une botte rouge et un calendrier de l’Avent fait avec des enveloppes en papier. Vingt-trois enveloppes étaient ouvertes. La dernière pendait toute seule, bien fermée.

Le paquet s’arrêta devant la maison. Il fit un pas à droite, un pas à gauche, puis trois petits bonds.

Le Père Noël regarda son étiquette. Elle disait : « Pour Léonie, dans la maison bleue, près du vieux sapin. »

« Nous y sommes », chuchota-t-il.

Deux lutins retournèrent à l’atelier chercher le traîneau et les rennes pour la suite de la tournée. Les autres restèrent près du Père Noël.

Mais personne ne venait ouvrir.

Le Père Noël frappa doucement. La maman de Léonie ouvrit la porte. Près d’elle, une petite fille en pyjama à étoiles tenait une couverture contre elle.

« Bonsoir, Léonie », dit le Père Noël. « Nous avons trouvé un cadeau qui voulait absolument venir jusqu’à toi. »

Léonie regarda le paquet. Il s’avança de deux pas de côté et vint se poser contre ses chaussons.

Elle sourit.

« Je crois qu’il est pressé », dit-elle.

Sa maman invita les visiteurs à entrer et rentra le calendrier de l’Avent pour l’accrocher près du sapin. Léonie expliqua qu’elle avait gardé la dernière enveloppe fermée pour l’ouvrir avec sa maman avant de se coucher.

« Mais je ne savais pas qu’un cadeau viendrait nous rendre visite ! » ajouta-t-elle.

Le lutin au bonnet vert tendit le paquet. Praline chatouilla le ruban avec ses moustaches. Le Père Noël aida Léonie à défaire le nœud.

À l’intérieur, il y avait un petit théâtre en bois, des marionnettes et un livre d’histoires. Sur la première page, on lisait : « Pour Léonie et tous ceux qui aiment écouter des histoires. »

Léonie serra le livre contre elle.

« Je vais commencer par une histoire pour vous. »

Les lutins s’assirent sur le tapis. Praline se roula dans la couverture. Même le Père Noël posa son sac près du canapé pour écouter. La maman de Léonie s’installa à côté de sa fille et l’aida à lire l’histoire.

Quand l’histoire fut terminée, la neige tombait plus doucement. Dehors, un tintement de grelots annonça le retour des deux lutins avec le traîneau et les rennes. Le Père Noël remit ses lunettes en place et regarda l’horloge.

« Il est temps de repartir », dit-il.

Léonie caressa doucement Praline du bout du doigt. Les lutins éteignirent leurs lanternes électriques. Le petit paquet, lui, ne bougeait plus. Il semblait très heureux d’avoir trouvé sa maison.

Avant le départ de ses visiteurs, Léonie ouvrit l’enveloppe du 24 décembre avec sa maman. À l’intérieur, elle trouva une étoile en papier doré qu’elle accrocha au sapin.

Puis elle fit un petit dessin : un traîneau, quatre rennes, des lutins et un grand Père Noël souriant. Elle le glissa dans l’enveloppe et la tendit au Père Noël.

« Comme ça, vous aurez un souvenir pour le voyage », dit-elle.

Le Père Noël remercia Léonie et rangea l’enveloppe dans sa poche. Puis il remonta dans le traîneau. Les lutins prirent place, et Praline s’installa dans l’autre poche, bien au chaud.

Les rennes partirent dans un tintement de grelots. Au-dessus du village, le traîneau décrivit une grande courbe dans le ciel.

Dans la maison bleue, Léonie et sa maman leur firent signe par la fenêtre. Sur le tapis, le paquet rouge dormait près du théâtre en bois. De temps en temps, son ruban frémissait.

Peut-être rêvait-il encore de chemins enneigés.

Ou peut-être faisait-il, sous la lune, de minuscules pas de côté.

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