6-9 ans

Le carillon de la grande cheminée

À la veille de Noël, un petit carillon magique s’envole dans l’atelier et entraîne les lutins dans une drôle de chasse à la musique.

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À la veille de Noël, l’atelier du Père Noël brillait comme une boîte à trésors. Des rubans rouges dansaient au plafond. Les lutins couraient entre les piles de cadeaux. Dans un coin, le grand calendrier de l’Avent ouvrait sa dernière petite fenêtre.

Le Père Noël vérifiait une longue liste, assis près de la grande cheminée. Il portait ses lunettes rondes au bout du nez. Sa barbe blanche descendait sur son manteau rouge. Autour de lui, les jeunes lutins, tout petits et sans barbe, emballaient les derniers paquets.

Soudain, un son léger tinta dans la cheminée.

Ding… ding… ding…

Le Père Noël leva la tête.

« Clochette ? Où es-tu ? »

Clochette était un petit carillon magique. Elle avait quatre tubes dorés, un ruban bleu et une drôle de façon de bouger toute seule. Quand elle chantait, les étoiles du ciel semblaient écouter.

Mais Clochette n’était plus accrochée à son crochet.

Une fenêtre de l’atelier battait dans le vent. De petits flocons entraient en tourbillonnant.

« Elle s’est envolée ! » s’écria le lutin Noisette.

« Écoutons bien, dit le Père Noël. Sa musique nous montrera le chemin. »

Tous se turent. Derrière les bruits de papier et de clochettes, un tintement montait de l’atelier.

Ding… ding… ding…

Alors les lutins partirent à sa suite, avec le Père Noël derrière eux.

Le tintement les mena d’abord jusqu’à la salle des jouets. Une poupée tournait sur elle-même. Un train rouge avançait tout seul entre les boîtes. Mais Clochette n’était pas là.

Ding… ding… ding…

La musique glissa sous une table, puis derrière une montagne de peluches.

Les lutins se mirent à quatre pattes. Le Père Noël, lui, dut se pencher très bas pour passer sous la table. Ses lunettes glissèrent sur son nez.

« Par ici ! » murmura Noisette.

Ils trouvèrent une petite trace brillante sur le sol. Elle traversait la réserve de papier, montait le long d’une étagère et disparaissait dans la neige tombée près de la porte.

Dehors, la nuit était douce et blanche. Les rennes attendaient près du traîneau. Leurs grelots tintaient doucement. Une minuscule souris grise et blanche sortit d’un tas de neige.

« Bonjour, dit-elle. Je m’appelle Mousse. Vous cherchez le joli son ? »

« Oui, répondit le Père Noël. Tu l’as vu ? »

Mousse remua ses moustaches.

« Je l’ai entendu filer vers la tour. Mais elle s’arrête souvent. Peut-être qu’elle est fatiguée. »

Les lutins regardèrent le ciel. Clochette brillait très haut, au-dessus du toit. Son ruban bleu flottait comme une petite queue de comète.

« Comment allons-nous monter jusque-là ? demanda Noisette. »

Mousse montra une échelle solide posée contre le mur.

« Avec une échelle bien tenue et un peu d’aide, on peut aller loin. »

Les lutins apportèrent l’échelle. Le Père Noël la tint fermement. Mousse grimpa la première, puis les lutins passèrent les uns après les autres, toujours sous l’œil attentif du Père Noël. Tout en haut, la musique les attendait.

Sur la tour, Clochette dansait entre deux cheminées. Elle chantait, mais son chant tremblait.

« Pourquoi es-tu partie ? » demanda Noisette.

Clochette fit ding, puis ding-ding. Elle vola vers le nord, revint vers le sud, et s’arrêta devant une grande fenêtre ronde, couverte de givre.

Mousse s’approcha du carreau.

« Regardez, dit-elle. La fenêtre est fermée depuis longtemps. »

Le Père Noël essuya le givre avec sa manche. Derrière la vitre, le ciel était noir. On ne voyait presque aucune étoile.

Clochette se posa sur le rebord. Ses petits tubes frémirent.

« Elle cherche cette fenêtre, comprit le Père Noël. Elle veut réveiller les étoiles. »

Les lutins poussèrent la poignée. Rien ne bougea. La fenêtre était bloquée par la glace.

Alors chacun chercha quelque chose. Noisette apporta une couverture chaude. Un autre lutin prit une tasse de chocolat fumant. Mousse souffla de toutes ses forces sur le verrou.

Le Père Noël posa ses grandes mains autour de la poignée.

« Doucement, tous ensemble. »

Les lutins tirèrent. Mousse poussa. La vapeur du chocolat monta jusqu’au métal gelé.

Crac !

La glace se fendit. La fenêtre s’ouvrit enfin.

Un air frais entra dans la tour. Clochette s’envola au-dehors et chanta de toutes ses forces.

Ding ! Ding ! Ding !

Une étoile cligna. Puis une autre. Puis dix, puis cent. Le ciel se remplit de petites lumières, comme si quelqu’un avait secoué une couverture pleine de diamants.

Les étoiles brillèrent si fort que la neige sembla devenir bleue. Clochette revint se poser sur la tour. Son ruban bleu se noua autour de la petite patte de Mousse, comme une caresse.

« Merci de m’avoir suivie », chanta-t-elle.

Les lutins sourirent. Le Père Noël remit ses lunettes en place.

« Maintenant, il est temps de rentrer. Les cadeaux nous attendent. »

Dans l’atelier, chacun retrouva sa place. Clochette fut accrochée près de la grande cheminée, mais pas trop près de la fenêtre. Mousse reçut une minuscule maison de neige, avec une porte ronde et un toit en laine rouge.

Puis les lutins chargèrent le traîneau. Les paquets montèrent les uns après les autres. Les rennes secouèrent leurs grelots.

Avant de partir, le Père Noël ouvrit la dernière fenêtre du calendrier de l’Avent. À l’intérieur, il n’y avait ni chocolat ni jouet. Seulement un petit papier étoilé.

« Ce soir, lisons le ciel », dit-il.

Alors tous sortirent quelques instants. Ils levèrent la tête vers les étoiles réveillées. Clochette tinta doucement derrière eux.

Ding… ding… ding…

Puis le traîneau s’éleva dans la nuit. Les lutins saluèrent Mousse, blottie dans sa maison. Le Père Noël fit un signe de la main. Sa barbe blanche dansa dans le vent, et ses lunettes rondes brillèrent sous la lune.

Dans l’atelier chaud, Clochette continua de chanter. Elle savait désormais quelle fenêtre ouvrait le chemin des étoiles.

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