6-9 ans

Le secret des rubans de givre

Au matin du 1er décembre, les lutins découvrent que les rubans des cadeaux ont filé dans tout l’atelier sous la forme de chemins de givre brillants.

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Au matin du 1er décembre, l’atelier du Père Noël s’éveilla dans un drôle de silence. D’habitude, les lutins riaient, chantaient et trottinaient entre les piles de cadeaux. Mais ce jour-là, tous regardaient le sol.

Les rubans avaient disparu des bobines. À leur place, de longs chemins de givre scintillaient sous les tables, autour des boîtes et jusque dans la réserve.

Léo, le plus petit des lutins, s’agenouilla pour regarder une boucle argentée.

« Tu crois qu’elle va fondre ? » demanda Mina.

« Je ne sais pas… On dirait du givre magique ! » répondit Léo.

Une petite chouette blanche descendit alors d’une poutre. Elle avait de grands yeux ronds et des plumes douces comme des flocons.

« Hou hou ! Je m’appelle Plume. J’ai vu les rubans partir avant l’aube. Ils glissaient tout seuls, comme s’ils cherchaient quelque chose. »

Le Père Noël arriva avec ses lunettes rondes au bout du nez. Sa grande barbe blanche brillait de quelques grains de neige. Il se pencha près du premier chemin.

« Alors, suivons-les doucement. J’aimerais que notre premier cadeau soit prêt pour l’ouverture de la première case du calendrier de l’Avent. »

Les jeunes lutins prirent de petites lanternes électriques. Plume vola devant eux, tandis que le Père Noël les accompagnait. Le chemin de givre passa sous l’établi des jouets, contourna les pots de colle et disparut derrière une pile de papier doré.

Les lutins et le Père Noël contournèrent la pile de papier doré. Là, le chemin se séparait en trois branches.

La première montait vers les clochettes. La deuxième descendait jusqu’à la salle des biscuits. La troisième filait sous une petite porte.

« Laquelle choisir ? » demanda Mina.

Plume pencha la tête. Elle observa les traces brillantes.

« Celle-ci ! Regardez : les petites boucles avancent encore. »

Ils suivirent la troisième branche. Le Père Noël ouvrit la porte et se baissa pour entrer avec eux. Elle menait à une petite pièce où l’on gardait les décorations de l’année précédente. Au milieu se trouvait une vieille boîte en bois, entrouverte.

À l’intérieur, les rubans frémissaient. Ils formaient une grande boucle autour d’un petit grelot bleu.

Léo s’approcha, mais le grelot roula hors de la boîte et disparut sous une armoire.

« Oh ! Il est tout au fond », dit Mina en se penchant pour regarder.

Tobi apporta une longue règle et la tendit au Père Noël.

« Avec ceci, peut-être ? »

« Essayons », répondit le Père Noël.

Il s’agenouilla et fit doucement rouler le grelot avec la règle. Les lutins restèrent à côté de lui, prêts à l’empêcher de repartir.

Quand le grelot sortit de dessous l’armoire, Léo le recueillit dans son bonnet.

Ding !

Aussitôt, les rubans sortirent de la boîte et repartirent dans l’atelier, comme de petits ruisseaux de lumière.

« Attendez-nous ! » s’écria Mina en riant.

Le Père Noël prit le grelot, et tous suivirent les rubans.

Les chemins de givre serpentèrent jusqu’à la grande salle des cadeaux. Ils passèrent entre les poupées, les tambours et les petites maisons en bois. Puis ils grimpèrent sur une table où attendait le tout premier paquet.

C’était une boîte enveloppée de papier doré, mais sans ruban. Elle était destinée à un enfant qui aimait regarder les étoiles.

Pourtant, aucun ruban ne s’arrêtait autour d’elle. Tous continuaient vers la porte de l’atelier.

« Ils veulent sortir », murmura Léo.

Le Père Noël ouvrit la porte et accompagna les lutins dehors. La neige tombait en silence. Les rubans couraient jusqu’au traîneau, puis remontaient le long de son patin. Ils tendaient leurs boucles vers un petit anneau vide sur le harnais du plus jeune renne.

Le renne remua les oreilles.

« Mais oui ! » dit le Père Noël en levant le grelot bleu. « L’an dernier, ce grelot était accroché ici. Et ces rubans décoraient le harnais ! Nous les avons rangés ensemble après Noël. »

Plume poussa un petit cri joyeux.

« Ils voulaient repartir en promenade avec lui ! »

« D’abord, un peu d’emballage », proposa le Père Noël.

Il rapporta le grelot près du paquet doré. Les rubans de givre le suivirent aussitôt. Ils tournèrent autour de la boîte, montèrent en spirale et se nouèrent en un joli nœud argenté.

Un long ruban resta près du grelot, sa boucle posée contre lui.

« Toi, tu pourras décorer le harnais », lui promit le Père Noël.

Les lutins applaudirent doucement. Sur la boîte, le Père Noël posa une petite étoile de papier.

Puis Mina ouvrit la première case du calendrier de l’Avent.

À l’intérieur, il y avait un minuscule dessin de grelot bleu.

Tout l’atelier se remit en mouvement. Les lutins enroulèrent les rubans autour des cadeaux, sans tirer trop fort. Ceux qui restaient retrouvèrent leurs bobines.

Plume s’installa près du paquet à l’étoile. Elle aimait le reflet du givre sur le papier doré.

Le Père Noël rangea ce premier cadeau sur l’étagère des paquets prêts pour Noël.

« Et maintenant, le petit vol d’essai promis à notre grelot ! » annonça-t-il.

Dehors, il rattacha le grelot bleu au harnais du jeune renne. Le long ruban argenté s’y noua tout seul, juste à côté.

Ding ! Le renne dressa les oreilles, puis secoua joyeusement la tête.

Pendant que le Père Noël vérifiait les harnais, Léo aperçut un minuscule morceau de ruban resté sur le rebord de la fenêtre. Il y formait une boucle brillante.

« On le garde ici ? » demanda-t-il.

Le Père Noël hocha la tête.

« Oui. Pour montrer le chemin du retour. »

Alors Plume prit son envol. Le Père Noël monta dans le traîneau, et les lutins lui firent signe depuis la porte.

Le traîneau s’éleva doucement au-dessus des sapins blancs. Il fit un grand tour dans le ciel, puis revint à l’atelier avant le goûter.

Le petit ruban de la fenêtre scintillait toujours.

Les jours suivants, chaque fois qu’un lutin ouvrait une case du calendrier de l’Avent, le Père Noël faisait tinter le grelot bleu.

« Hou hou ! » répondait Plume.

Et, de case en case, Noël se rapprochait.

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