3-6 ans
Les huit grelots du chemin
Cette nuit de Noël, le Père Noël et ses petits lutins suivent un chemin de neige où chaque grelot devient un guide.
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Le 24 décembre, la grande horloge du village venait de sonner six heures. Dans l’atelier couvert de neige, le Père Noël referma le calendrier de l’Avent. Ses lunettes rondes brillaient sous la lampe. Sa longue barbe blanche dépassait de son manteau rouge. Autour de lui, ses jeunes lutins, petits et sans barbe, chargeaient le traîneau. Huit grelots dorés étaient accrochés aux patins. Ting, ting, ting !
« En route, les amis ! dit le Père Noël. Les cadeaux attendent. »
À peine le traîneau avait-il quitté l’atelier qu’un petit nez blanc apparut derrière un sapin. C’était Mimo, un lapin blanc, perdu dans la neige. Il tremblait et ne retrouvait plus son terrier.
« Nous allons te montrer le chemin », dit Lino, le plus petit des lutins.
Le Père Noël détacha le premier grelot et le posa sur une branche basse. Le son clair guida Mimo jusqu’à son terrier.
« Écoutons bien : 1 grelot est posé. Il en reste 7 sur le traîneau. »
Plus loin, deux petits écureuils cherchaient leur arbre. Un lutin agita doucement le deuxième grelot, puis le déposa près d’un rocher. Les deux écureuils suivirent la musique.
« 2 grelots sont posés. Il en reste 6 », compta le Père Noël.
Le traîneau reprit sa route, dans un nuage de neige scintillante.
Le chemin montait entre des sapins blancs. Soudain, trois petits canetons apparurent au bord d’un ruisseau gelé. Leur maman les appelait depuis l’autre rive, mais la neige cachait le petit passage entre les roseaux.
« Le troisième grelot peut les aider », murmura une lutine aux tresses rousses.
Le Père Noël accrocha le grelot à un piquet. Ting, ting ! Les canetons suivirent le passage enneigé et retrouvèrent leur maman.
« 3 grelots sont posés. Il en reste 5 », annonça-t-il.
Un peu plus loin, quatre hérissons s’étaient blottis sous un tas de feuilles. Ils ne savaient plus où se trouvait leur petit abri de bois. Le quatrième grelot fut déposé près d’un buisson. Son tintement fit sortir les hérissons, qui suivirent la piste jusqu’à leur maison.
« 4 grelots sont posés. Il en reste 4. »
La nuit devenait bleue. Les lutins allumèrent une petite lanterne sur le traîneau. Alors, cinq mulots sortirent de la neige, chacun portant un minuscule morceau de brindille. Ils avaient perdu leur nid.
« Nous pouvons les conduire avec le cinquième grelot », proposa un lutin.
Le grelot fut posé au pied d’un vieux bouleau. Les cinq mulots avancèrent, nez en l’air, et retrouvèrent leur nid douillet.
« 5 grelots sont posés. Il en reste 3 », compta le Père Noël.
Les rennes secouèrent leurs bois. Le traîneau repartit, léger et silencieux.
La pente devint plus raide. Six petits oiseaux bleus voletaient autour du traîneau. Ils avaient perdu leur arbre creux et ne retrouvaient plus leur nid.
Le Père Noël décrocha le sixième grelot. Il le posa sur une souche. Les oiseaux suivirent le tintement, d’un sapin à l’autre, jusqu’à leur maison.
« 6 grelots sont posés. Il en reste 2 », dit une lutine en levant deux doigts.
Au détour d’un virage, sept chevreaux se tenaient serrés contre une barrière. La neige avait caché la porte de leur étable. Le septième grelot fut déposé devant le portail. Ting, ting, ting ! Les chevreaux reconnurent le son et rentrèrent les uns derrière les autres.
« 7 grelots sont posés. Il en reste 1. »
Le dernier grelot brillait encore sur le traîneau. Mais bientôt, huit petits faons apparurent entre les arbres. Ils avaient suivi des traces qui s’arrêtaient au milieu d’un champ blanc. Leur clairière était tout près, de l’autre côté d’un petit pont.
Le Père Noël détacha le huitième et dernier grelot. Il le posa sur le pont. Son tintement roula dans la nuit. Les huit faons levèrent la tête, puis traversèrent doucement.
« 8 grelots sont posés. Il n’en reste plus sur le traîneau », souffla Lino.
Les rennes avancèrent encore. Sans grelots, on entendait leurs sabots dans la neige et le souffle tranquille de la nuit.
Le traîneau glissa longtemps sans faire ting, ting. Les lutins regardaient les traces dans la neige. Puis ils découvrirent neuf petites lanternes posées le long du chemin. Elles avaient été allumées par les habitants du dernier village pour montrer la route aux voyageurs.
« 9 lanternes ! » compta la lutine aux tresses rousses.
Les lumières dansaient sur la neige. Elles conduisirent le traîneau jusqu’à une colline. De là, on aperçut le village. Dix fenêtres brillaient comme des étoiles. Derrière chacune, un enfant attendait peut-être un cadeau, bien au chaud sous sa couverture.
« 10 fenêtres éclairées ! » murmura Lino.
Le Père Noël sourit derrière ses lunettes rondes. Il n’y avait plus aucun grelot sur le traîneau, mais les cadeaux étaient toujours là, bien rangés dans leurs paquets colorés.
Le traîneau survola les maisons. Les lutins déposèrent les cadeaux sans bruit. Dans chaque maison, une surprise attendait près du sapin.
Quand le dernier paquet fut posé, le Père Noël regarda le chemin derrière lui. Huit grelots y tintaient encore, chacun près d’un animal retrouvé. Sur le traîneau, il restait 0 grelot.
Au matin, le village s’éveilla sous la neige. On entendait seulement les clochettes lointaines des rennes, puis, très doucement, le tintement des huit grelots qui balisaient le chemin.
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