3-6 ans

Les neuf biscuits du renne

Au matin de Noël, neuf biscuits parfumés disparaissent peu à peu du plateau des lutins.

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Dans l’atelier du Père Noël, la neige dessinait des fleurs sur les fenêtres. Un calendrier de l’Avent était ouvert à la dernière petite porte. Derrière, on voyait une image de traîneau chargé de cadeaux.

Le Père Noël ajusta ses lunettes rondes. Sa grande barbe blanche chatouilla son manteau rouge.

« Il est temps de partir, les amis ! » dit-il.

Les jeunes lutins, plus petits que lui et tous sans barbe, couraient dans tous les sens. Ils vérifiaient les rubans, les listes et les grelots.

Avant de monter dans le traîneau, ils déposèrent neuf biscuits ronds sur un plateau. Ils sentaient la cannelle, le miel et un peu la neige.

Biscotte, le renne au nez brun et aux grands yeux brillants, regarda le plateau. Son ventre fit un petit gargouillis.

« Ne touche pas aux biscuits, Biscotte, » dit le lutin Nino. « Ils sont pour le goûter. »

Biscotte hocha la tête. Puis il prit doucement un biscuit entre ses dents et trottina jusqu’à l’écurie.

Derrière la porte, deux enfants venus aider les lutins, Lila et Malo, comptèrent les biscuits restants.

« Un biscuit est parti. Il en reste huit ! »

Biscotte revint, l’air très sérieux. Il prit le deuxième biscuit et le porta près de son panier de voyage.

« Maintenant, il en reste sept ! » compta Malo.

Le renne repartit encore. Il transporta le troisième biscuit, sans le croquer, puis revint en agitant ses oreilles.

« Huit, sept, six, » récita Lila. « Il reste six biscuits ! »

Le Père Noël sourit derrière ses lunettes.

« Quel renne organisé ! »

Biscotte fit tinter le petit grelot accroché à son collier.

La nuit devenait bleue derrière les vitres. Les lutins chargèrent les cadeaux dans le traîneau. Il fallait faire vite, car les étoiles commençaient à briller.

Biscotte retourna près du plateau.

« Attention, petit renne, » murmura Lila. « Il ne reste plus que six biscuits. »

Biscotte prit le quatrième biscuit. Il le transporta jusqu’à l’écurie, où son panier était posé près d’une botte de foin.

« Cinq ! » annoncèrent les enfants en regardant le plateau.

Le cinquième biscuit partit ensuite. Biscotte avançait tout doucement pour ne pas faire tomber les pépites de chocolat.

« Il reste quatre biscuits, » dit Malo.

Dans l’atelier, le lutin Nino accrocha une guirlande lumineuse au traîneau. Une autre lutine, Zoé, posa une couverture chaude sur le siège du Père Noël.

Biscotte revint encore une fois. Il prit le sixième biscuit et le déposa dans son panier.

« Trois biscuits ! » s’écrièrent Lila et Malo ensemble.

« Un, deux, trois, » reprit Nino en montrant les biscuits restants avec son doigt.

Le Père Noël s’approcha. Ses lunettes rondes reflétaient les lumières de l’atelier.

« Je crois que Biscotte prépare un goûter très spécial, » dit-il.

Le renne leva la tête. Une petite miette resta collée à son nez. Zoé l’essuya avec un mouchoir rouge.

« Encore trois voyages, Biscotte, » dit-elle. « Puis nous partirons. »

Biscotte fit un pas fier, comme s’il portait déjà toute la montagne de cadeaux.

Les cadeaux étaient prêts. Les grelots du traîneau tintaient dehors, et les flocons tourbillonnaient autour de la porte.

Sur le plateau, il ne restait que trois biscuits.

Biscotte prit le septième. Cette fois, il marcha sur la pointe de ses sabots. Une clochette tinta, puis une autre.

« Deux biscuits ! » compta Lila.

Le renne revint chercher le huitième. Il le posa avec soin à côté des autres dans son panier.

« Un seul biscuit ! » dit Malo.

Tout le monde regarda le dernier biscuit. Il était rond, doré et décoré d’un petit flocon en sucre.

Biscotte le prit délicatement. Il le porta jusqu’à l’écurie, puis revint sans rien dans la bouche.

« Neuf ! » annonça Nino en levant les deux mains. « Neuf biscuits transportés ! »

Le plateau était vide.

Lila regarda l’écurie. Le panier de Biscotte était bien rempli, mais on ne voyait pas les biscuits sous la couverture.

« Où sont-ils tous ? » demanda-t-elle.

Biscotte remua la queue et gratta doucement le sol.

Le Père Noël comprit. Il ouvrit la porte de l’écurie. Les neuf biscuits étaient rangés autour d’une petite veilleuse à piles, bien à l’abri du froid.

« Un vrai garde-manger de fête, » dit-il.

Les lutins portèrent le panier jusqu’au traîneau. Les rennes s’installèrent. Les enfants aidèrent à compter les cadeaux, les rubans et les sacs.

Puis le Père Noël leva son doigt.

« Et maintenant, place au goûter ! »

Mais avant de partir, il fallait encore compter quelque chose.

Dans le traîneau, les lutins installèrent les biscuits autour du Père Noël. Un biscuit pour Nino, un pour Zoé, un pour Lila, un pour Malo, et les autres pour les amis de la maison du Père Noël.

Biscotte s’assit à côté de son panier. Le Père Noël remonta sa couverture rouge et regarda tout le monde.

« Comptons encore une fois, » dit-il.

Les enfants montrèrent les biscuits un à un.

« Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf ! »

Il y avait bien neuf biscuits autour du Père Noël.

Mais Lila aperçut dix petites clochettes dorées accrochées au bord du traîneau. Elles brillaient comme des étoiles.

« Et là, il y en a combien ? » demanda-t-elle.

Les lutins comptèrent avec elle.

« Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix ! »

Au même instant, les clochettes sonnèrent toutes ensemble.

Ding, ding, ding !

Biscotte releva les oreilles. Les autres rennes se mirent à trotter. Le traîneau glissa dans la neige, au-dessus des sapins blancs.

Le Père Noël partagea le premier biscuit. Puis chacun prit le sien. Biscotte reçut le dernier, le plus grand, celui qui portait le petit flocon en sucre.

« Joyeux goûter ! » dit Zoé.

« Joyeux Noël ! » répondirent les enfants.

Le traîneau monta vers les étoiles. En dessous, les maisons dormaient doucement. Dans le panier, les miettes dansaient à chaque virage, et les dix clochettes chantaient dans la nuit claire.

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