6-9 ans

Les neuf lanternes du chemin

Pour conduire le traîneau jusqu’à la dernière maison, le Père Noël et ses lutins doivent compter, ajouter et retirer les lumières sans perdre le fil.

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La nuit de Noël était douce et blanche. Devant l’atelier, le Père Noël ajusta ses lunettes rondes. Sa grande barbe blanche brillait comme du givre. Autour de lui, de jeunes lutins sans barbe, plus petits que lui, chargeaient les cadeaux dans le traîneau.

« Le village est caché sous la neige, dit Pimprenelle. Comment allons-nous voir le chemin ? »

Le Père Noël montra neuf lanternes accrochées à de grands piquets.

« Ces neuf lanternes vont nous guider. »

Le traîneau partit. Les rennes trottèrent dans le ciel. À la première colline, un grand souffle fit vaciller les flammes. Une seule lanterne s’éteignit.

« Compte les lanternes qui brillent encore », dit le Père Noël.

L’enfant peut compter : il en reste huit. Neuf moins une égale huit.

À cet instant, une petite lumière dansante sortit d’un sapin. C’était Lumi, la luciole.

« Je connais un raccourci ! » dit-elle.

C’était la première rencontre : une luciole, donc 1.

Plus loin, près d’un pont de glace, les lutins trouvèrent deux lanternes de secours dans un sac rouge. Ils les accrochèrent aux piquets.

« Combien de lanternes brillent maintenant ? » demanda Pimprenelle.

Il y en avait huit. On en ajoute deux : huit plus deux égale dix.

Le chemin brillait à nouveau, comme une rivière d’étoiles.

Le traîneau glissa jusqu’à une forêt de sapins. Les branches grinçaient doucement sous la neige. Soudain, trois tourbillons de vent passèrent entre les arbres.

Ffffou ! Ffffou ! Ffffou !

Trois lanternes s’éteignirent.

« Il y en avait dix, rappelle-toi », dit le Père Noël. « Retirons trois lumières. »

À toi de compter : dix moins trois égale sept. Il reste donc sept lanternes allumées.

Les lutins avancèrent en file. Ils trouvèrent alors quatre petits paquets posés sur une souche. Chaque paquet portait une étiquette dorée : « Pour une maison du village ».

« Un, deux, trois, quatre ! » compta Pimprenelle.

C’était la quatrième quantité rencontrée : 4 paquets.

Mais le vent avait encore déplacé une lanterne. Elle roulait dans la poudreuse. Le Père Noël la ramassa, essuya sa vitre et, avec prudence, la ralluma à l’aide d’une petite allumette.

« Une lumière retrouvée », murmura-t-il.

Les lutins accrochèrent ensuite les quatre paquets dans le traîneau. Puis ils observèrent les lanternes.

Il y en avait sept. La lanterne retrouvée en faisait huit.

Au sommet d’un rocher, cinq grelots apparurent dans la neige. Les rennes les entendirent tinter.

« C’est la cinquième quantité : 5 grelots », dit Lumi.

Le son joyeux montra au traîneau la direction du village.

La pente descendait vers le village. Les lutins trouvèrent six boules de neige parfaitement rondes, rangées comme des petits bonshommes.

« Six ! » s’écria Pimprenelle. « C’est notre sixième nombre. »

Les rennes tirèrent le traîneau, mais une bourrasque fila entre les cadeaux. Elle éteignit deux lanternes.

« Compte d’abord celles qui brillent », demanda le Père Noël.

Il y en avait huit. Puis il fallait retirer deux flammes : huit moins deux égale six.

Lumi vola autour des lanternes éteintes. Elle ne pouvait pas les rallumer, mais sa petite lumière indiqua un panier posé sous un arbre. À l’intérieur se trouvaient sept bougies rouges.

« Sept bougies ! » comptèrent les lutins.

Le Père Noël plaça une bougie dans chacune des lanternes éteintes, pendant que les lutins l’observaient à bonne distance. Il garda les autres pour la suite. Les deux lanternes brillèrent de nouveau.

Le chemin était maintenant éclairé par huit lanternes.

Au bord du village, ils rencontrèrent huit fenêtres décorées de flocons en papier. Derrière chaque fenêtre, une famille préparait une tasse de chocolat chaud.

« Huit fenêtres, huit maisons presque prêtes », dit le Père Noël.

Puis un dernier virage apparut. La neige y avait recouvert neuf petits panneaux. Les lutins les dégagèrent un par un.

« Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf ! »

Le neuvième panneau indiquait : « Dernière maison, tout droit. »

Le traîneau suivit les neuf panneaux. À chaque étape, les lutins vérifiaient les lanternes.

« Il en reste huit », dit Pimprenelle.

« Très bien, répondit le Père Noël. Nous gardons ces huit lumières pour le dernier virage. »

Mais, juste avant la maison, le vent lança neuf petits flocons tourbillonnants. Ils passèrent devant les lanternes sans les éteindre. Les lutins les comptèrent en riant doucement : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9.

Puis, derrière la cheminée de la dernière maison, ils aperçurent dix étoiles dorées accrochées à une ficelle.

« Dix étoiles ! » dit Lumi. « C’est le plus grand nombre de notre voyage. »

La porte s’ouvrit. Une enfant en pyjama regarda le ciel. Le Père Noël descendit du traîneau, avec ses lunettes rondes couvertes de petits reflets. Les lutins déposèrent les cadeaux près du sapin.

Avant de repartir, le Père Noël vérifia une dernière fois le chemin.

Huit lanternes brillaient encore. Il en ajouta une neuvième, retrouvée au fond du traîneau.

« Huit plus une égale neuf. Nous pouvons rentrer. »

Les rennes secouèrent leurs grelots. Le traîneau monta doucement dans le ciel.

En bas, les neuf lanternes formaient une longue ligne dorée. Et, au-dessus de la dernière maison, les dix étoiles semblaient leur répondre.

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