Certains animaux changent de couleur en hiver : le lièvre et le renard arctique

En hiver, certains lièvres et renards portent une fourrure blanche qui les rend difficiles à repérer sur la neige. Mais comment changent-ils de couleur, et pourquoi tous ne deviennent-ils pas blancs ?

Un lièvre arctique et un renard arctique en pelage d’été, puis en pelage blanc d’hiver dans la neige.

Un nouveau manteau

Imagine un lièvre brun sur une grande étendue de neige : tu pourrais le repérer assez facilement. Avec un pelage blanc, sa silhouette se confond davantage avec le paysage. Ce camouflage aide certains animaux à passer inaperçus, mais leur transformation ne se fait pas en une nuit.

Le changement se produit pendant la mue : des poils tombent et sont remplacés par de nouveaux. Ce n’est donc pas la neige qui décolore les animaux, ni un poil brun qui devient soudain blanc. La fourrure se renouvelle progressivement, et le nouveau pelage n’a pas toujours la même couleur que l’ancien.

Quand les journées raccourcissent, c’est un signal important pour préparer le pelage d’hiver. La lumière agit sur le fonctionnement du corps, qui règle notamment le renouvellement des poils. La température peut aussi influencer le déroulement de la mue. Les préparatifs peuvent ainsi commencer sans attendre la première grosse chute de neige.

Au printemps, une nouvelle mue accompagne le retour du pelage d’été. Entre deux saisons, tu peux donc voir des animaux dont la fourrure présente plusieurs couleurs à la fois.

Quels lièvres deviennent blancs ?

Tous les lièvres ne blanchissent pas en hiver. Le lièvre d’Europe, présent dans de nombreuses campagnes, conserve un pelage principalement brun. Ce changement de couleur s’observe chez des espèces adaptées aux régions froides : c’est le cas, par exemple, du lièvre variable et du lièvre arctique.

Le lièvre variable vit notamment dans le nord de l’Europe et dans les Alpes. Son pelage, généralement brun ou gris-brun en été, devient souvent blanc en hiver. Le bout de ses oreilles reste noir : c’est un petit détail utile à observer sur une photographie. Selon les populations et les régions, le blanchissement peut toutefois être moins marqué.

Le lièvre arctique habite notamment le Groenland et les régions arctiques du Canada. Dans certaines parties de son aire de répartition, il porte un pelage plus sombre en été puis blanc en hiver. Dans les régions les plus septentrionales, il peut rester blanc toute l’année.

Si tu compares deux photos de lièvres, regarde donc leur espèce, leur lieu de vie et la saison. La phrase « les lièvres deviennent blancs en hiver » est trop générale : certains le font, d’autres non.

Le renard arctique a deux formes

Le renard arctique vit dans les régions froides de l’hémisphère Nord. Chez les individus de forme blanche, la fourrure d’été est plutôt brune ou gris-brun, tandis que le pelage d’hiver devient blanc. Sur un sol enneigé, ce changement rend leur silhouette moins visible.

Il existe aussi une forme appelée « bleue ». Ce nom peut te surprendre, car ce renard n’est pas bleu vif : son pelage reste sombre, dans des tons bruns ou gris, y compris en hiver. Tous les renards arctiques ne deviennent donc pas blancs pendant la saison froide.

Le renard roux que tu peux rencontrer dans les histoires ou observer en Europe ne prend pas, lui, un manteau entièrement blanc en hiver. Il ne faut pas le confondre avec le renard arctique : ce sont deux espèces différentes.

Chez le renard arctique, d’autres caractéristiques comptent aussi en hiver. Sa fourrure épaisse, ses petites oreilles et son corps compact l’aident à limiter les pertes de chaleur. Il possède même des poils sous les pattes. Ce n’est pas le blanc en lui-même qui tient chaud : l’isolation dépend surtout des caractéristiques de sa fourrure.

Se cacher dans la neige

Pour un lièvre, ressembler au paysage peut aider à échapper au regard d’un prédateur. Chez le renard arctique, le camouflage peut aussi faciliter l’approche d’une proie. Pourtant, un pelage blanc ne rend personne invisible : les mouvements, les odeurs et les sons restent des indices.

Le camouflage fonctionne surtout lorsque le pelage et le décor se ressemblent. Sur une terre sombre sans neige, un animal blanc peut au contraire ressortir nettement. Comme la mue dépend notamment de la durée du jour, elle ne s’ajuste pas instantanément à chaque chute de neige ou à chaque redoux.

Changer de couleur ne signifie pas non plus dormir pendant toute la saison froide. Le lièvre et le renard arctique restent actifs en hiver et cherchent de la nourriture. Pour comparer leurs stratégies avec celles d’autres espèces, tu peux découvrir quels animaux hibernent en hiver : certains ralentissent fortement leur activité, tandis que d’autres continuent à sortir.

Si tu observes un animal en promenade, reste à distance. En hiver, le faire fuir lui demande une dépense d’énergie supplémentaire. Une observation calme, sans le poursuivre ni chercher à le nourrir, permet de regarder son pelage sans le déranger.

À partir de quel âge ?

Dès 6 ans, vous pouvez aborder le sujet avec deux photographies du même animal, l’une en été et l’autre en hiver. Expliquez qu’une nouvelle fourrure pousse et que sa couleur peut mieux correspondre au paysage.

Vers 8 à 10 ans, vous pouvez introduire le mot « mue » et expliquer le rôle de la durée du jour. Jusqu’à 12 ans, comparez avec les plus grands certaines exceptions : les lièvres qui restent bruns, les lièvres arctiques toujours blancs dans certaines régions et les renards arctiques de forme bleue.

Vous pouvez partir d’une question précise, laisser l’enfant décrire ce qu’il remarque, puis lui apporter une explication. Il n’est pas nécessaire de tout expliquer en une seule fois.

À faire ensemble

Vous pouvez fabriquer un petit jeu de camouflage avec deux feuilles, l’une blanche et l’autre brune, puis quelques silhouettes de lièvres découpées dans du papier blanc et brun. Préparez aussi un crayon et, si vous le souhaitez, un chronomètre. Comparez ce qui se repère facilement, sans organiser de compétition.

Pose les silhouettes sur la feuille blanche, puis demande à un partenaire de les retrouver du regard. Recommence sur la feuille brune en changeant leur place. Quelles silhouettes remarques-tu en premier ? Cette activité est un modèle simple du camouflage. Dans la nature, le relief, les ombres et les mouvements compliquent encore la recherche.

Pour prolonger l’activité, tu peux colorier le renard au pied du grand sapin en imaginant deux versions : un renard roux et un renard arctique de forme blanche en hiver. Garde la même scène et compare la façon dont chaque animal ressort sur le fond.

Avec les animaux sous le sapin, tu peux ensuite te poser une autre question : lesquels faudrait-il identifier avant de choisir leur pelage d’hiver ? L’activité sert à comprendre que chaque espèce possède ses propres adaptations : il ne s’agit donc pas de rendre tous les animaux blancs.

Sources