Danse, danse, flocon léger

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La veille de Noël, le village du Père Noël brillait sous un ciel bleu nuit. Les petites maisons avaient des volets rouges, des cheminées rondes et des guirlandes qui clignotaient doucement.

Dans la grande salle des jouets, les lutins couraient dans tous les sens. Ils emballaient des poupées, vérifiaient des trains miniatures et nouaient des rubans dorés. Tous étaient jeunes, petits et sans barbe. Leurs bonnets pointus sautillaient à chaque pas.

Le Père Noël avançait entre les tables. Il était plus grand que les lutins. Sa longue barbe blanche reposait sur son manteau rouge. Ses lunettes rondes glissaient parfois jusqu’au bout de son nez.

« Où en sommes-nous ? » demanda-t-il avec un sourire.

« Il reste trois cadeaux bleus, cinq paquets à grelots et le grand camion jaune ! » répondit Nino, un lutin aux chaussettes rayées.

Près de la porte, un calendrier de l’Avent était accroché au mur. Il ne restait qu’une petite fenêtre à ouvrir. Le Père Noël tira doucement sur le carton. Une poussière brillante s’en échappa, puis un flocon unique tournoya dans la pièce.

« Oh ! Celui-là n’était pas dans le calendrier », murmura Lila.

Le flocon descendit en spirale et vint se poser sur le bout d’une botte.

Danse, danse, flocon léger, autour des bottes et des souliers, puis viens te poser sans bruit sur le bonnet d’un lutin ravi.

Le flocon chatouilla la botte, puis fila vers les souliers rangés près de la cheminée. Il tournoya autour d’un soulier vert, passa entre deux lacets et fit tinter une petite clochette.

« Il veut jouer ! » s’écria Lila.

Le flocon monta plus haut. Il frôla le nez de Nino, fit briller les lunettes du Père Noël et se posa sur le bonnet violet de Lila. La jeune lutine leva les bras pour l’attraper, mais le flocon bondit aussitôt vers la cour.

Tous les lutins le suivirent. Le Père Noël sortit à son tour, en refermant soigneusement la porte derrière lui. Dehors, les rennes secouèrent leurs bois. Le traîneau attendait sous un toit de neige, chargé de cadeaux bien attachés.

Plume, le petit renard blanc, dormait dans un panier de foin. Il ouvrit un œil, aperçut le flocon et dressa ses oreilles.

« Tu viens, Plume ? » demanda le Père Noël.

Le renard bondit hors du panier. Sa queue blanche traça un arc dans l’air.

Le flocon dansa autour des bottes, des souliers et des petites pattes de Plume. Puis il monta jusqu’au bonnet de Nino, qui se mit à tourner sur lui-même.

« Mes pieds bougent tout seuls ! » rit-il.

Un à un, les autres lutins se mirent à tourner. Le Père Noël posa une main sur son ventre pour rire, puis il prit la main de Lila.

Danse, danse, flocon léger, autour des bottes et des souliers, puis viens te poser sans bruit sur le bonnet d’un lutin ravi.

Bientôt, la cour entière se mit à tournoyer. Les lutins dansaient par deux. Plume glissait entre les danseurs sans les toucher. Le Père Noël tournait lentement, sa barbe blanche soulevant de petites étincelles.

Les rennes frappaient le sol du bout des sabots. Les grelots du traîneau répondaient aux clochettes des souliers. Même les paquets semblaient danser dans le traîneau.

« Plus vite ! » cria Nino.

« Doucement, sinon mon bonnet s’envole ! » répondit Lila.

Le flocon monta au-dessus de leurs têtes. Il grandit, puis se divisa en une pluie de petits éclats argentés. Chaque éclat dessinait une boucle dans l’air. Les toits, les sapins, les rubans et les fenêtres se mirent à scintiller.

Le Père Noël leva les yeux.

« Regarde, Plume. La cour ressemble à un ciel rempli d’étoiles. »

Plume répondit par un petit jappement joyeux. Il fit un tour autour du traîneau, puis revint se placer entre les lutins.

Tous tournèrent ensemble, sans se bousculer. Les bottes glissaient, les souliers tintaient, les bonnets sautaient. Quand la musique des grelots s’arrêta, chacun resta immobile, une main en l’air.

Le dernier flocon descendit lentement et se posa sur le bonnet de Lila.

Danse, danse, flocon léger, autour des bottes et des souliers, puis viens te poser sans bruit sur le bonnet d’un lutin ravi.

Lila ne bougea plus. Elle sourit tout bas, comme si elle portait une minuscule étoile.

La danse s’arrêta, mais la lumière resta. Chaque flocon semblait garder un petit morceau de musique.

Le Père Noël regarda le grand cadran accroché à la tour. Il était presque temps de partir.

« Les cadeaux sont prêts ? » demanda-t-il.

« Prêts ! » répondirent les lutins.

Nino vérifia les paquets bleus. Lila serra les rubans. Plume monta dans le traîneau et s’installa près du sac de jouets. Les rennes secouèrent leurs grelots.

Avant de monter, le Père Noël s’agenouilla devant Lila.

« Garde bien ton flocon sur ton bonnet. Il connaît peut-être le chemin des étoiles. »

Lila toucha le petit flocon du bout du doigt. Il ne fondit pas. Il brillait comme une perle.

Les lutins grimpèrent dans le traîneau. Le Père Noël prit les rênes. Au moment où les rennes s’élancèrent, le flocon quitta le bonnet de Lila et fila dans le ciel.

Il passa autour des bottes du Père Noël, des souliers des lutins et des pattes de Plume, puis remonta en dansant. Derrière lui, une traînée scintillante indiquait la route.

« À tout à l’heure ! » appelèrent les lutins.

Le traîneau monta au-dessus des sapins. Dans la cour, les lumières brillèrent encore un instant. Puis un dernier éclat descendit doucement sur le toit de la grande salle des jouets.

Danse, danse, flocon léger, autour des bottes et des souliers, puis viens te poser sans bruit sur le bonnet d’un lutin ravi.

Et, très haut dans la nuit, le Père Noël, ses lutins et Plume continuèrent de tourner jusqu’à faire scintiller tout le chemin de Noël.

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