Hop, hop, flocons, dansons !
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Au village du Père Noël, la neige tombait en petits flocons légers. Elle couvrait les toits, les sapins et les marches de l’atelier.
Dans la grande salle, les lutins se pressaient autour du calendrier de l’Avent. Ils étaient jeunes, petits, et aucun ne portait de barbe. Leurs bonnets rouges bougeaient dans tous les sens.
Lina ouvrit la petite fenêtre du jour. Derrière, elle trouva un grelot doré et un message :
« Quand la neige chantera, commence la ronde ! »
Le Père Noël s’approcha. Il portait ses lunettes rondes, son grand manteau rouge et une barbe blanche, douce comme un nuage. Il posa une main sur son ventre et sourit.
« Écoutons bien, dit-il. La neige a peut-être une chanson. »
Les lutins tendirent l’oreille. Floc, floc, floc ! Les flocons dansaient sur les vitres.
Le Père Noël frappa doucement la mesure avec ses grosses bottes. Toc, toc, toc ! Les lutins sautèrent sur place.
« Une fois à gauche, une fois à droite ! » lança Lina.
« Et on tourne quand le grelot sonne ! » ajouta Milo.
Le grelot tinta. Tous chantèrent :
Hop, hop, flocons, dansons !
La porte s’ouvrit alors toute seule. Caramel, un renne au pelage brun et au nez brillant, entra en trottinant. Il secoua ses bois, fit trois petits bonds et prit place dans la ronde.
Caramel remua la queue. Ses sabots faisaient toc, toc, toc sur le plancher.
« Tu connais la chanson ? » demanda Milo.
Caramel répondit par un joyeux « Hiii ! » puis sauta par-dessus un panier de rubans.
Les lutins éclatèrent de rire. Ils sortirent dans la cour, où la neige était assez douce pour y laisser des traces rondes. Le Père Noël les suivit en faisant attention à ses lunettes.
Près du vieux sapin, trois lutins poussaient un petit traîneau vide.
« Il manque quelque chose, remarqua Lina. Un cadeau peut-être ? »
À cet instant, une boîte carrée glissa lentement depuis l’atelier. Elle était enveloppée de papier bleu, avec un grand ruban argenté. Elle descendit la pente douce en tournoyant.
« Regardez ! » s’écria Milo.
Caramel avança le museau, mais la boîte passa juste devant lui. Les lutins avancèrent prudemment derrière elle. Le Père Noël posa doucement sa botte devant le paquet pour le ralentir.
« Voilà un voyageur pressé », dit-il.
Le paquet frissonna. À l’intérieur, quelque chose fit cling, cling.
« Peut-être un carillon, murmura Lina. Il veut danser lui aussi. »
Le Père Noël reprit la mesure. Toc, toc, toc ! Caramel bondit. Les lutins tournèrent autour du cadeau. La neige leur piquait le bout du nez.
Tous chantèrent :
Hop, hop, flocons, dansons !
Le paquet bleu rejoignit la ronde. Il glissa sur la neige, porté de mains en mains, pendant que son ruban dessinait un cercle brillant.
La ronde avançait vers le hangar à traîneaux. Les lutins chantaient plus doucement, car le soir commençait à bleuir.
Au bord du chemin, une petite lanterne magique reposait sous un tas de neige. On ne voyait dépasser que son anse.
Caramel gratta le sol d’un sabot. Lina dégagea la lanterne avec ses deux mains. Milo souffla dessus. Une lumière dorée, douce et sans flamme, s’alluma derrière les vitres.
« Elle avait froid », dit-il.
« Alors, gardons-la au chaud dans notre ronde », répondit le Père Noël.
Il prit la lanterne sans la secouer. Les lutins se rapprochèrent. La lumière éclaira leurs joues roses, le cadeau bleu et le museau brillant de Caramel.
Le Père Noël frappa la mesure, encore plus doucement. Toc, toc, toc !
Un flocon se posa sur sa lunette ronde. Lina le retira du bout du doigt.
« Tu as une étoile sur tes lunettes ! »
« Une toute petite étoile, dit le Père Noël. Elle vient sûrement écouter la chanson. »
Les lutins levèrent les bras. Caramel leva la tête. Le paquet fit cling, cling. La lanterne balança sa lumière.
Tous chantèrent :
Hop, hop, flocons, dansons !
La lanterne entra dans la ronde. Ses rayons dorés dansèrent sur la neige, et le chemin jusqu’au traîneau devint lumineux.
Enfin, la ronde arriva devant le grand traîneau rouge. Les rennes attendaient déjà, bien alignés, les grelots attachés à leurs harnais. Caramel se plaça devant eux, fier comme un chef de musique.
Le Père Noël posa le paquet dans le traîneau. Puis il accrocha la lanterne près du siège. Sa lumière éclaira la carte des chemins et le calendrier de l’Avent, que Lina avait emporté sous son bras.
« Il reste une dernière page à ouvrir », dit-elle.
Elle souleva la petite fenêtre du vingt-quatrième jour. Une pluie de confettis blancs tomba sur les lutins.
Derrière la fenêtre, il y avait une phrase :
« La chanson continue partout où l’on fait danser la joie. »
Le Père Noël sourit. Il arrangea ses lunettes rondes et leva un doigt.
« Pour le dernier tour, on chante tous ensemble. »
Les lutins se prirent par les mains. Caramel fit tinter ses grelots. Les autres rennes frappèrent le sol. Le paquet vibra dans le traîneau. La lanterne brilla comme une petite lune.
Le Père Noël frappa la mesure avec ses bottes.
Toc, toc, toc !
Tous chantèrent :
Hop, hop, flocons, dansons !
La ronde devint immense. Elle tournait autour du traîneau, sous les sapins, entre les flocons. Puis le Père Noël monta à bord.
« À bientôt, les amis ! »
« Bon voyage ! » crièrent les lutins.
Caramel secoua ses bois. Le traîneau glissa dans la nuit claire. En dessous, la cour gardait les marques de leurs pas : des ronds, des étoiles et une grande spirale qui semblait encore danser.
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