La lettre sans adresse

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Un matin, au village du Père Noël, la neige tombait en petits flocons brillants. Le lutin bouclé à l’écharpe rouge avançait dans la cour avec sa grande sacoche de lettres.

Soudain, il aperçut une enveloppe posée sur un banc. Elle était couverte d’étoiles dorées, de petits sapins bleus et de fleurs en papier.

« Quelle merveille ! » murmura-t-il.

Il la retourna. Mais l’adresse avait disparu. La neige l’avait effacée presque entièrement.

Le lutin bouclé courut jusqu’à l’atelier.

« Père Noël, regarde ce que j’ai trouvé ! »

Le Père Noël leva le nez de sa longue liste. Avec ses lunettes rondes, il observa l’enveloppe en souriant.

« Elle est magnifique. Mais à qui devons-nous la remettre ? »

Autour de la grande table, les trois autres lutins se rapprochèrent. La lutine à nattes, avec son tablier vert, examina le papier. Le petit lutin à lunettes tapota sa ceinture à outils. Le lutin boulanger joufflu posa un panier de brioches encore chaudes.

« Il y a peut-être des indices à l’intérieur », dit la lutine à nattes.

Le Père Noël ouvrit doucement l’enveloppe. La lettre ne contenait presque pas de mots. Elle était remplie de dessins : une clochette, un pont, trois étoiles et une maison ronde comme un gâteau.

« Alors, partons chercher son destinataire », dit le Père Noël. « Prenons nos manteaux. »

Le petit lutin à lunettes sortit une loupe de sa ceinture à outils. Il passa la lentille au-dessus de la lettre.

« Ici, on voit une clochette. Et là, une trace qui ressemble à un chemin. »

La lutine à nattes suivit le dessin du doigt.

« Le chemin passe sous un pont. Ensuite, il y a trois étoiles. »

« Et une maison ronde comme un gros biscuit ! » ajouta le lutin boulanger.

« Je connais un pont près de la forêt », dit le Père Noël. « Allons-y ensemble. »

Ils traversèrent le village dans un traîneau rouge. Les rennes trottinaient doucement, car le traîneau était chargé de lanternes, de couvertures et d’un grand panier de biscuits.

Sous le pont, la neige avait formé des vagues blanches. Une petite clochette pendait à une branche.

Le lutin bouclé la fit sonner.

Ding, ding !

Au même instant, trois mésanges s’envolèrent d’un buisson. Elles laissèrent tomber trois plumes brillantes, posées l’une à côté de l’autre dans la neige.

« Les trois étoiles ! » s’écria la lutine à nattes. « Les dessins nous montrent le chemin. »

Le petit lutin à lunettes sortit un carnet.

« Après le pont, il faut suivre les trois plumes jusqu’à la colline. »

Ils avancèrent entre les sapins. Le lutin boulanger distribuait de petits biscuits en forme d’étoile pour donner du courage à tout le monde.

Au sommet de la colline, ils découvrirent une drôle de maison. Elle était ronde, basse, et son toit ressemblait à un énorme gâteau couvert de sucre blanc.

Devant la maison ronde, ils trouvèrent une petite porte bleue. Sur la porte, quelqu’un avait dessiné une lune avec un sourire.

Le Père Noël frappa doucement.

Toc, toc, toc.

Personne ne répondit.

Le petit lutin à lunettes regarda autour de lui. Près du mur, il aperçut une rangée de cailloux blancs. Ils formaient une flèche vers le jardin.

« Le dernier indice est par là », dit-il.

Dans le jardin, les quatre lutins découvrirent un vieux pommier. Ses branches portaient des rubans argentés. Au pied du tronc, une boîte en bois attendait sous un tapis de neige.

Le lutin bouclé souleva le couvercle. À l’intérieur, il y avait une deuxième feuille. On y voyait une tasse, une chanson et un grand cœur rouge.

« Une tasse de chocolat, des chansons… et quelqu’un qui aime recevoir du monde », devina la lutine à nattes.

Soudain, une voix chantonna derrière eux.

« Vous avez trouvé mon jeu de piste ? »

Une fillette apparut près de la haie, avec sa grand-mère à ses côtés. Elle portait un bonnet jaune et tenait une petite tasse entre ses mains.

« Je m’appelle Mila », dit-elle.

« Bonjour, Mila », répondit le Père Noël. « Est-ce toi qui as écrit cette lettre ? »

Mila hocha la tête.

« Je l’ai envoyée il y a longtemps. Je voulais inviter quelqu’un à chanter avec moi. Avec Mamie, nous avions préparé des indices pour guider mes invités. Mais le vent a emporté la lettre. »

Le lutin bouclé lui tendit l’enveloppe.

« Ton invitation est arrivée jusqu’à nous, même sans adresse. »

Mila ouvrit de grands yeux et se tourna vers sa grand-mère.

« Mamie, on peut les inviter ? »

« Bien sûr ! » répondit la grand-mère en souriant. « Entrez donc vous réchauffer. »

« Avec plaisir », dit le Père Noël.

La maison de Mila était petite, mais elle sentait bon la cannelle. Le Père Noël posa les lanternes près de la fenêtre. La lutine à nattes accrocha des rubans au plafond. Le petit lutin à lunettes arrangea les coussins. Le lutin boulanger ouvrit son panier et sortit des biscuits en forme de lune, de clochette et d’étoile.

La grand-mère de Mila apporta des tasses de chocolat chaud. Puis Mila choisit une chanson.

Elle chanta d’abord tout doucement. Sa voix ressemblait au tintement d’une petite cloche. Le Père Noël l’accompagna d’une voix grave et douce. Les lutins ajoutèrent des claquements de doigts, des grelots et quelques notes jouées sur une cuillère.

Bientôt, la pièce se remplit de musique.

Dehors, trois mésanges se posèrent sur le rebord de la fenêtre. Même les rennes tendirent l’oreille.

Après la première chanson, le lutin boulanger servit les biscuits.

« Celui-ci est pour toi », dit-il à Mila en lui offrant une grande étoile.

« Et celui-là pour le Père Noël », ajouta la lutine à nattes.

Le Père Noël goûta le biscuit, puis ajusta ses lunettes.

« Délicieux ! Un biscuit pareil mérite bien une deuxième chanson. »

Mila rit et reprit le refrain. Cette fois, tout le monde chanta ensemble, même Mamie.

Quand la soirée fut terminée, le Père Noël remit à Mila une nouvelle enveloppe.

Sur le devant, il écrivit soigneusement : « Pour Mila, dans la maison ronde au toit de gâteau. »

Le lutin bouclé ajouta une grande étoile rouge.

« Comme ça, la prochaine lettre retrouvera toujours son chemin », dit-il.

Dehors, la neige continuait de tomber. Mais dans la maison ronde, les chansons et l’odeur des biscuits restèrent encore longtemps dans l’air.

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