Le bonhomme de neige en retard
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Dans l’atelier du Père Noël, tout le monde s’activait. Les clochettes tintaient, les papiers bruissaient et une odeur de cannelle flottait dans l’air.
Le Père Noël, avec ses lunettes rondes posées sur le bout du nez, vérifiait une longue liste. À côté de lui, quatre lutins se dépêchaient.
La lutine aux nattes, vêtue d’un tablier vert, rangeait des rubans. Le petit lutin à lunettes ajustait sa ceinture à outils. Le lutin bouclé, avec son écharpe rouge, triait les lettres. Et le lutin boulanger, tout joufflu, sortait des brioches du four.
Soudain, la grande porte s’ouvrit en grinçant.
Un bonhomme de neige entra en roulant doucement. Il avait deux yeux en charbon, un nez en carotte, des bras en brindilles et un joli bonnet bleu. Mais il semblait bien embarrassé.
« Pardon, Père Noël, je suis en retard », dit-il.
Le Père Noël leva les yeux de sa liste.
« En retard ? Tu devais être sur la place depuis une heure ! »
Le bonhomme baissa son bonnet.
« Je sais. En chemin, mes petits boutons se sont éparpillés. Sans eux, mon manteau est tout nu. »
Il ne lui restait qu’un seul bouton, accroché près de son épaule.
La lutine au tablier vert posa ses rubans.
« Alors, on va les retrouver. Tous ensemble ! »
La lutine aux nattes prit une grande corbeille.
« On cherche par équipes. Regarde bien partout, même sous les tapis ! »
Le lutin aux lunettes sortit une petite règle, une loupe et un drôle de rouleau à ressort.
« Avec mon détecteur de boutons, nous allons suivre leur piste », annonça-t-il.
Il posa l’outil au sol. Le rouleau avança de trois centimètres, fit un tour sur lui-même et s’arrêta contre une chaussette.
« Il a trouvé une chaussette », observa le lutin bouclé.
« Ce n’est pas un bouton, mais c’est déjà quelque chose », répondit le boulanger en riant.
Ils sortirent dans la cour enneigée. Sous la grande lanterne, ils découvrirent le premier bouton. Il brillait entre deux traces de bottes.
Puis ils en trouvèrent un deuxième dans un tas de neige, un troisième près du portail et un quatrième au pied d’un sapin.
Le lutin bouclé glissa les boutons dans une enveloppe vide.
« Un bouton pour le courrier du bonhomme de neige », dit-il.
La recherche continua. Un bouton était coincé dans une branche. Un autre roulait autour d’un tonneau. Le dernier s’était caché dans la farine renversée devant la boulangerie.
Le lutin boulanger souffla sur le nuage blanc.
« Atchoum ! Je crois que je l’ai trouvé. »
Le bouton apparut sur son nez, juste au milieu d’un petit nuage de farine.
Le bonhomme de neige compta les boutons. Il en manquait encore un.
« Où peut-il être ? » demanda le Père Noël.
Il regarda le chemin qui menait à la place. Une petite ligne de traces rondes serpentait dans la neige.
« Les boutons ont roulé par ici », dit la lutine au tablier vert. « Suivons la piste ! »
Ils avancèrent entre les sapins. Le lutin aux lunettes inspectait chaque creux avec sa loupe. Le lutin bouclé écartait les branches en tenant son paquet de lettres. Le boulanger, lui, gardait dans ses poches quelques biscuits pour le voyage.
Tout au bout du chemin, ils entendirent un léger tintement.
Ding, ding, ding !
Le dernier bouton tournait dans une petite flaque gelée. Il glissait à droite, puis à gauche, sans jamais s’arrêter.
Le bonhomme de neige tendit ses bras en brindilles.
« Je peux essayer de l’attraper ! »
Il se pencha. Son nez en carotte faillit toucher la glace. Le Père Noël lui tendit doucement une grande cuillère en bois.
« Utilise-la comme une pelle. Tout doucement. »
Le bonhomme poussa le bouton vers le bord. La lutine le saisit aussitôt dans sa corbeille.
« Les voilà tous ! »
Le petit lutin posa les boutons sur le manteau blanc. Il les fixa avec de minuscules attaches dorées. Le bonhomme de neige avait maintenant une belle rangée de boutons noirs, bien ronds.
Mais le ciel devenait rose. La cérémonie sur la place allait commencer.
« Il faut partir maintenant », dit le Père Noël.
Le petit lutin à lunettes se gratta la tête. Puis ses yeux s’agrandirent derrière ses verres.
« J’ai une idée ! Une carriole à neige ! »
En un clin d’œil, il sortit de sa ceinture deux planches, quatre rondelles de bois, une poignée de ficelle et une vieille caisse à cadeaux. Les outils dansèrent entre ses doigts.
La lutine au tablier vert attacha les planches. Le lutin bouclé fixa la ficelle. Le boulanger ajouta un coussin moelleux, puis glissa une brioche dans la poche du bonhomme de neige.
« Pour la route », expliqua-t-il.
Le Père Noël posa la carriole sur la neige.
« En voiture, monsieur le bonhomme ! »
Le bonhomme monta. Les quatre lutins poussèrent. Le Père Noël tenait la poignée et guidait l’attelage.
La carriole fila dans une pluie de flocons. Elle contourna les sapins, passa devant la boulangerie et arriva juste au moment où l’horloge de la place sonnait midi.
Les habitants applaudirent doucement. Le bonhomme de neige fut installé près de la fontaine, sous une guirlande dorée. Ses boutons brillèrent au soleil.
Le lutin bouclé lui accrocha même une petite lettre autour du cou.
« C’est pour toi », dit-il.
Le bonhomme sourit avec ses yeux en charbon.
Le Père Noël ajusta ses lunettes.
« Tu vois, tu es arrivé à temps pour illuminer la place. »
Et, dans sa carriole, le dernier biscuit du boulanger fit un petit saut. Le bonhomme de neige le partagea avec ses amis.
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