Les douze paquets de la colline

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La nuit de Noël, la colline brillait sous la neige. En haut, le traîneau attendait, chargé de douze paquets bien ficelés. Le Père Noël ajusta ses lunettes rondes. Il était le seul à porter une barbe. Autour de lui, les jeunes lutins, plus petits que lui et sans barbe, vérifiaient les étiquettes.

« Chaque paquet doit prendre un chemin différent », dit le Père Noël. « Et nous devons arriver avant minuit. »

Le calendrier de l’Avent accroché au traîneau indiquait la dernière case. Elle était ouverte sur une petite étoile dorée.

Toupie le renard sortit d’un buisson de houx. « Je connais tous les sentiers de la colline ! »

Le Père Noël posa le premier paquet sur une luge rouge. Il glissa tout droit vers la maison aux volets bleus. Un seul chemin, bien droit, s’ouvrit dans la neige.

« Un ! » comptèrent les enfants qui regardaient par leurs fenêtres.

Le deuxième paquet partit en tournant autour d’un gros sapin. Le troisième suivit le ruisseau gelé. Puis le quatrième bondit sur une pente pleine de petits monticules blancs.

« Deux traces de renne ! » cria un lutin en montrant le sol. Les rennes avaient laissé deux empreintes fraîches près du traîneau.

À la fenêtre d’une ferme, les enfants comptèrent aussi trois paquets déjà arrivés. Le quatrième glissa derrière la grange, par un chemin que personne n’avait encore pris.

Les lutins coururent jusqu’au prochain embranchement. Le cinquième paquet devait passer sous une arche de branches. Le sixième prit un chemin en zigzag entre deux rangées de sapins.

« Regardez ! » dit Toupie. « Une lanterne lumineuse est tombée dans la poudreuse. »

Un lutin la ramassa et la remit en marche. Puis il en trouva une autre accrochée à une branche, et une troisième près d’un vieux bonhomme de neige. Ces lanternes brillaient sans flamme.

« Une, deux, trois lanternes ! » comptèrent les enfants, le nez collé aux vitres.

Les petites lumières montrèrent le chemin du septième paquet. Celui-ci glissa doucement sur une plaque de glace, passa sous un pont de neige et s’arrêta devant une maison ronde. Le huitième paquet, lui, descendit par le sentier des clochettes. À chaque virage, une clochette tintait dans la nuit.

Le Père Noël consulta sa grande montre. « Il reste du temps, mais pas pour traîner. »

Soudain, un lutin aperçut des marques dans la neige. « Quatre traces de renne ! »

Les deux rennes de tête avaient fait demi-tour pour aider leurs amis à tirer le traîneau. Les enfants recomptèrent : une, deux, trois, quatre. Puis ils virent le paquet numéro huit disparaître derrière une haie blanche.

Il ne restait plus que quatre paquets dans le traîneau.

Le neuvième paquet était enveloppé de papier bleu. Il partit par le sentier des pommes de pin, en sautant de bosse en bosse. Le dixième, enveloppé de papier vert, suivit les traces laissées par un lièvre. Aucun paquet ne passait deux fois au même endroit.

Au bord d’un petit bois, les enfants aperçurent cinq lanternes lumineuses. Deux étaient posées sur des piquets, une brillait sous un arbre, une pendait au traîneau, et la dernière avançait dans la main d’un lutin.

« Une, deux, trois, quatre, cinq ! »

La lumière guida le onzième paquet. Il descendit par un tunnel creusé dans la neige, puis ressortit près d’un pont de bois. Toupie fila devant lui pour vérifier que le passage était libre.

« Tout va bien ! » appela le renard.

Le douzième paquet était le plus léger. Il contenait une boîte de biscuits pour une famille qui habitait tout en bas. Le Père Noël le porta lui-même. Il suivit le chemin des étoiles, marqué par de petites étoiles de glace.

Les enfants comptèrent alors six traces de renne près du pont. Puis onze paquets brillèrent dans les maisons de la vallée. Huit autres petites lumières apparurent aux fenêtres. La colline entière ressemblait à un grand calendrier de l’Avent.

En bas de la colline, le Père Noël posa le dernier paquet devant la porte d’une maison aux rideaux jaunes. Au même instant, l’horloge du village sonna onze coups.

« Il reste encore quelques minutes avant minuit », dit-il.

Les lutins vérifièrent leurs listes. Aucun paquet ne manquait. Les enfants, eux, comptèrent neuf traces de renne autour du traîneau. Puis ils cherchèrent les lanternes et en trouvèrent dix, dessinant une ligne dorée du sommet jusqu’à la vallée.

« Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix ! »

Les rennes secouèrent leurs grelots. Toupie s’assit sur le marchepied. Le Père Noël monta dans le traîneau et rangea ses lunettes dans leur étui.

« Les douze paquets sont arrivés », dit un lutin.

Le traîneau s’élança. Dans les maisons, les enfants regardèrent les douze cadeaux sous les sapins. Sur la colline, les douze chemins différents brillaient encore : la ligne droite, le tour du sapin, le ruisseau gelé, les monticules, l’arche, le zigzag, la glace, les clochettes, les pommes de pin, les traces du lièvre, le tunnel et le chemin des étoiles.

Quand la dernière lanterne s’éteignit, minuit sonna tout doucement. La colline resta blanche et calme, avec seulement quelques empreintes de renne et une petite trace de renard qui remontait vers les étoiles.

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