Tourne, tourne, étoile d’hiver

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La nuit de Noël approchait. Dans l’atelier du Père Noël, les fenêtres brillaient comme des carrés d’or au milieu de la neige.

Le Père Noël avançait d’une table à l’autre. Il portait son grand manteau rouge, ses lunettes rondes et son bonnet blanc. Sa longue barbe blanche frémissait quand il soufflait sur les petites étoiles en papier.

Autour de lui, les lutins couraient dans tous les sens. Ils étaient jeunes, petits et sans barbe. Certains avaient les cheveux bouclés, d’autres deux longues nattes ou une drôle de mèche dressée sur la tête.

« Les étoiles sont-elles prêtes ? » demanda le Père Noël.

« Presque ! répondit Lila. Il en manque encore quatre pour le chemin du ciel. »

À côté d’elle, Malo ouvrit le grand calendrier de l’Avent accroché au mur. Derrière la dernière petite porte, il trouva une étoile dorée.

« La voilà ! »

Les lutins grimpèrent sur une échelle. Ils accrochèrent l’étoile tout en haut de l’atelier. Une lueur douce passa par la cheminée et monta dans le ciel.

Tous chantèrent :

Tourne, tourne, étoile d’hiver, Guide le traîneau dans le ciel clair !

Tout au nord, une première lumière s’alluma.

Dans la salle des cadeaux, les lutins formèrent une longue chaîne. Un paquet passait de main en main, puis glissait dans une grande hotte rouge.

« Celui-ci va à Zoé », dit Malo en lisant une étiquette.

« Et celui-là à Sami. Attention, il est fragile ! » ajouta Lila.

Le Père Noël vérifia chaque nom avec ses lunettes rondes. Il ne se trompait jamais, même quand les rubans faisaient des nœuds.

Tout à coup, une clochette tinta sous une pile de boîtes.

« Qui a caché cette clochette ? » demanda le Père Noël.

« Pas moi », dit Lila.

« Pas moi non plus », dit Malo.

Un petit lutin leva le doigt. « C’est moi. Elle voulait voyager en premier ! »

La clochette rejoignit la hotte. Les cadeaux furent rangés par taille, puis par couleur. Les lutins ajoutèrent des biscuits pour le chemin et une couverture chaude pour les rennes.

Quand la hotte fut pleine, ils chantèrent :

Tourne, tourne, étoile d’hiver, Guide le traîneau dans le ciel clair !

Une deuxième lumière s’alluma au-dessus des sapins. Elle dansa avec la première, comme deux lucioles dans la nuit.

Dehors, la neige craquait sous les bottes. Derrière l’atelier, les rennes attendaient près du traîneau.

Biscotte, le renne au nez brun et au petit grelot bleu, dormait debout. Une oreille levée, l’autre baissée, il rêvait sûrement de carottes.

Lila approcha une lanterne.

« Biscotte, il est temps de se réveiller. »

Le renne ouvrit un œil.

« Déjà ? J’étais au milieu d’un très joli rêve. »

Malo lui tendit une carotte. Biscotte la croqua avec un grand crac. Les autres rennes se redressèrent aussitôt.

Les lutins vérifièrent les harnais, attachèrent les grelots et secouèrent les couvertures. Le Père Noël plaça les cadeaux dans le traîneau. Puis il posa une petite étoile sur le devant.

« Elle montrera la route quand les nuages seront épais », expliqua-t-il.

Les lutins levèrent leurs lanternes et chantèrent :

Tourne, tourne, étoile d’hiver, Guide le traîneau dans le ciel clair !

Une troisième étoile s’alluma. Sa lumière tomba sur la neige et dessina un chemin argenté jusqu’aux collines.

Tout était prêt. Le Père Noël monta dans le traîneau et prit les rênes. Les lutins s’installèrent derrière les cadeaux pour tenir les paquets bien serrés.

Biscotte piaffa. Son grelot bleu fit tin tin.

« On y va ? » demanda-t-il.

« On y va », répondit le Père Noël.

Les rennes partirent doucement. Les patins glissèrent sur la neige, puis le traîneau s’éleva au-dessus de l’atelier.

En bas, les lutins agitaient leurs bonnets. En haut, les trois étoiles brillaient déjà. Mais une grande partie du ciel restait sombre.

Alors le Père Noël sortit la dernière étoile de sa poche. Il la lança très haut. Elle tourna, tourna, puis s’accrocha au ciel juste devant le traîneau.

Les lutins chantèrent une dernière fois :

Tourne, tourne, étoile d’hiver, Guide le traîneau dans le ciel clair !

La quatrième lumière s’alluma. Les étoiles dessinèrent une route étincelante au-dessus des toits.

Biscotte suivit le chemin. Le traîneau fila dans la nuit claire, tandis que les cadeaux tintaient doucement dans la hotte.

Dans l’atelier, le calendrier de l’Avent resta ouvert sur sa dernière case. Elle était vide, mais une petite lumière y brillait encore.

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