Tourne, tourne, petit ruban

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La nuit de Noël approchait. Dans l’atelier illuminé, les lutins s’activaient sans perdre une minute. Lila pliait du papier doré. Milo attachait des étiquettes. Pipo vérifiait les jouets, un par un.

Le Père Noël, grand et souriant, ajusta ses lunettes rondes. Sa longue barbe blanche frémissait quand il soufflait sur les papiers qui s’envolaient.

Sur le mur, le calendrier de l’Avent affichait sa dernière case. Après son ouverture, le grand départ pourrait commencer.

Tout à coup, Lila déroula un énorme rouleau de ruban rouge.

« Oups ! Il est vraiment long, celui-là ! »

Le ruban glissa sur la table, tomba par terre, puis fila sous une pile de boîtes.

« Attrape-le ! » cria Milo.

Mais Ficelle, le ruban farceur, se tortilla comme un petit serpent brillant. Il passa entre les bottes de Pipo, contourna un panier et grimpa sur une étagère.

Les lutins partirent à sa suite. Le Père Noël les suivit en riant, sa barbe dansant sur son manteau rouge.

Tourne, tourne, petit ruban !

Ficelle traversa l’atelier en faisant froufrou, froufrou. Il s’enroula autour d’un paquet minuscule, puis se déroula aussitôt et continua sa course.

« Attends-nous, Ficelle ! »

Le ruban disparut derrière les rouleaux de papier. Les lutins se regardèrent. Puis ils entendirent un petit bruit de clochette près de la fenêtre.

Près de la fenêtre, Ficelle s’était faufilé dans un panier rempli de chaussettes colorées. Seul son bout rouge dépassait.

Pipo se pencha, tandis que le Père Noël restait tout près.

« Je te vois ! »

Pipo tira doucement. Le panier glissa sur le sol, passa entre deux tabourets et s’arrêta devant une grande caisse de jouets.

La caisse s’ouvrit. Des tambours roulèrent à gauche. Des poupées dansèrent à droite. Une petite locomotive siffla trois fois.

Le ruban, lui, fila derrière la locomotive.

Milo courut par-dessus un tapis. Lila passa sous une table. Le Père Noël contourna une montagne de cadeaux en tenant son bonnet d’une main.

« Ficelle, tu veux donc visiter tout l’atelier ? » demanda-t-il.

Le ruban fit une boucle autour d’un grand lustre éteint, puis descendit en spirale jusqu’au sol.

Tourne, tourne, petit ruban !

Les lutins saisirent chacun un morceau. Ils tirèrent ensemble. Ficelle s’étira, s’étira encore, puis se libéra d’un coup.

Les trois amis reculèrent sur leurs petits pieds. Ils ne lâchèrent pas le ruban, mais celui-ci les invita à avancer jusqu’à la porte.

La porte s’ouvrit toute grande.

Dehors, la neige tombait en flocons légers. Le ruban rouge glissa sur le perron, traça une ligne brillante dans la poudreuse et se dirigea droit vers le traîneau.

Les rennes levèrent la tête. Leurs grelots tintèrent.

« Il veut sûrement vérifier le traîneau avant nous », dit Lila.

Le Père Noël posa une main rassurante sur l’épaule de Milo.

« Alors, suivons-le. »

Tous avancèrent dans la neige, petits pas derrière grandes bottes, tandis que Ficelle dessinait des spirales rouges sous les étoiles.

Le traîneau brillait sous la neige. Il était rempli de paquets de toutes les tailles, sauf un.

Au fond, près du siège du Père Noël, attendait le plus grand cadeau de tous. C’était une boîte haute comme Pipo et large comme une porte.

Ficelle grimpa sur le traîneau, passa sous une couverture, puis ressortit de l’autre côté.

« Il cherche sa place », murmura Lila.

Les lutins montèrent à bord. Le Père Noël prit les rênes, mais avant de s’asseoir, il suivit le ruban du regard.

Ficelle sauta du traîneau et repartit vers l’atelier.

« Encore ? » fit Milo.

Ils le suivirent en courant. Le ruban entra par la porte, traversa la salle des jouets, contourna l’horloge et revint vers la grande boîte.

Pipo attrapa une extrémité. Lila prit l’autre. Milo se plaça derrière le paquet.

Le Père Noël s’agenouilla pour les aider.

Tourne, tourne, petit ruban !

Ils firent passer Ficelle sous la boîte. Puis autour d’un côté. Puis par-dessus le couvercle. Le ruban glissait, brillait et chantait presque contre le papier.

« À gauche ! » dit Lila.

« Un peu plus haut ! » ajouta Milo.

« Doucement, je tiens le nœud ! » lança Pipo.

Le Père Noël tira la dernière boucle avec soin. Ficelle se posa enfin au centre du paquet, en un énorme nœud rouge et joyeux.

Les lutins soufflèrent tous ensemble. La grande boîte était prête.

Ficelle ne bougea plus. Enfin, presque.

Au moment où le Père Noël se releva, le nœud remua une fois, deux fois, puis fit tinter une minuscule clochette cachée dans ses boucles.

Les lutins éclatèrent de rire.

« Il voulait venir avec nous ! » dit Pipo.

Le Père Noël posa sa grande main sur le paquet.

« Alors, il aura la meilleure place. »

Les lutins chargèrent la boîte au milieu du traîneau. Ficelle resta bien noué, mais un petit bout de ruban dansait au vent.

Lila referma la porte de l’atelier. Milo ouvrit la dernière case du calendrier de l’Avent. Pipo vérifia les listes une dernière fois.

Tout était prêt.

Le Père Noël monta dans le traîneau. Les rennes secouèrent leurs grelots. La neige tourbillonna autour des patins.

Tourne, tourne, petit ruban !

Le traîneau s’éleva doucement dans le ciel. En dessous, l’atelier devint une petite lumière dorée. Au-dessus, les étoiles semblaient suivre le chemin.

Dans le grand paquet, Ficelle resta bien sage. Mais lorsque le traîneau passa devant la lune, son bout rouge fit une boucle dans l’air.

« Regarde ! » cria Lila.

Le Père Noël sourit derrière ses lunettes rondes.

« Il nous montre la route. »

Alors les rennes accélérèrent. Les lutins chantèrent, les clochettes tintèrent, et le ruban rouge dansa jusqu’au bout de la nuit, autour du plus beau voyage de Noël.

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